Vol TEST

J’ai toujours estimé que c’est la mission du professionnel de tester en vol chaque parapente neuf avant de le livrer !

Lors de la vente d’une voiture neuve, le garagiste vérifie le niveau d’huile et le gonflage des pneus avant de faire un petit parcours pour contrôler que tout se passe bien. Il me paraît logique et primordial de procéder de manière similaire pour un parapente neuf.

Vous allez suspendre votre vie à quelques kilos de tissu et de ficelle.

Les problèmes révélés lors des vols tests sont rares, mais fort ennuyeux. L’erreur est humaine ! Un grain de sable ou un concours de circonstance extraordinaire peuvent déjouer les meilleures procédures de contrôle de qualité en fin de production. Le vol test, c’est la vérification en conditions réelles.

Voici ce que l’on peut déceler lors d’un vol test :

  • mauvais montage des suspentes
  • mauvais réglage des freins
  • éléments de la structure interne non cousus ou mal cousus
  • éléments étrangers présents à l’intérieur du parapente (rouleau d’autocollant double face, pastilles de renfort qui se baladent…)
  • tissu pincé qui crée des plis
  • tissu de mauvaise qualité (forte porosité) qui peut être révélé par du parachutage stable

Les meilleurs professionnels peuvent tester en vol votre parapente, même s’il a été acheté ailleurs.

Avant de décoller

Il s’agit de contrôler les élévateurs (coutures) et tout l’accastillage:

  • fermeture des maillons ou soft-links
  • état des poulies et anneaux basse friction
  • présence et montage des bloqueurs de suspentes
  • coutures des suspentes basses

Il faut contrôler aussi le bord d’attaque:

  • positionnement des joncs
  • coutures des attaches de suspentes A
  • coutures des suspentes A

Au gonflage

En l’absence de vent assez fort et laminaire, on ne peut pas faire beaucoup plus que de contrôler rapidement

  • le montage du suspentage
  • qu’il n’y a pas de grosses erreurs de couture des panneaux et nervures.

En vol

Nous avons plus de temps pour observer les suspentes et le parapente qui nous révèle sa structure interne en transparence.

Les points suivants sont soigneusement contrôlés :

  • le montage du suspentage.
  • qu’il n’y a pas d’erreur de couture ou de montage des panneaux et nervures. Il peut arriver qu’un élément (comme une nervure inclinée) n’ait pas été cousu correctement.
  • la longueur des cordes principales de frein, en position normale et accéléré à fond. Il ne faut pas que le bord de fuite soit tiré quand on accélère !
  • on s’assure que la voile vole bien droit, bras hauts et accéléré à fond.
  • on teste aussi la vitesse mini en allant jusqu’au point de décrochage et on contrôle qu’il n’y a pas de parachutage stable, ce qui pourrait être causé par du tissu poreux.
  • on effectue des fermetures, petites d’abord, puis de plus de 50% du bord d’attaque. D’un côté, puis de l’autre. Nous nous assurons ainsi que le comportement correspond bien à l’homologation du modèle.
  • on teste le comportement aux oreilles non accéléré pour nous assurer que la voile reprend bien un vol normal. Si ce n’est pas le cas, cela pourrait être causé par du tissu poreux.
  • on effectue un 360 engagé (si l’altitude restante le permet!) et on s’assure que la sortie correspond bien à l’homologation du modèle.
Hello world !